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Réalisé par Jonathan Levine
Avec Amber Heard, Anson Mount, Michael Welch, plus

Titre original : All the Boys Love Mandy Lane
Long-métrage américain.
Genre : Thriller, Epouvante-horreur
Durée : 1h28 min
Année de production : 2006
Date de Sortie: Inconnue

Tout les garçons du lycée en sont dingues, toutes les filles l'admirent jalousement, Mandy Lane est un ange tombé du ciel. Et par ange, j'entend une créature étrange et innocente. Alors que les lycéens font la fête, fument des joins, boivent de l'alcool plus que de raison, la belle texane fait des tours de piste, observe silencieusement ses camarades sans mot dire. Lorsque ses amies se montrent moqueuses, raillants les autres, elle garde ses pensées pour elle qu'on imagine les plus nobles. La belle Mandy Lane est sublime par sa noblesse, son innocence, son tact, sa gentillesse. Un tel être ne pourrait exister. Et pourtant...

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Invitée par sa meilleure amie à une petite fiesta pour l'occasion de la fin du lycée, Mandy Lane se retrouve à passer une soirée lycéenne dans un ranch. Pour elle c'est un bon moyen de se remettre d'un traumatisme, celui aperçu dans l'introduction où le meilleur ami un peu jaloux de Mandy pousse un de ses prétendants à faire une chute mortelle. Pour les garçons présents, c'est la dernière occasion de tenter de séduire l'intouchable et virginale Mandy Lane. L'heure est aux bains délicieux dans les lacs, aux joins, à l'alcool et au jeux idiots que Mandy Lane traverse comme une étrangère, donnant la sensation de ne pas être là, d'être au-delà de la débauche, des parties de jambes en l'air dans l'écurie, de l'alcoolisme et de l'imbécillité flagrante des jeunes de cet âge là. Pendant que les uns s'amusent, un mystérieux prétendant à la belle décide de décimer ses adversaires que ce soit des garçons ou des filles d'ailleurs.

Tous les garçons aiment Mandy Lane est un teen movie aux allures de slasher sans vraiment en être un. Utilisant tous les codes du genre, que ce soit ceux du teen movie, à travers cette image de l'adolescente innocence, virginale, sportive, belle, mais incapable de se sentir pleinement enthousiaste parmi ses camarades. Les fêtes alcoolisés ne l'intéresse pas, mais elle s'y plie, comprenant que ce sont les règles pour s'intégrer, pour ne pas paraître étrangère. Elle qui préférait la compagnie de l'intello un peu geek de service, du garçon simple, gentil, adorable et sympathique à celle des beaux garçons ou des filles populaires. La reine du lycée qui ne sera jamais couronnée. Jusqu'à ce qu'un drame surgisse. Alors que le beau garçon richissime tente de la séduire en vain, son meilleur ami décide pour se venger d'une humiliation de pousser le beau garçon à sauter du toit, provoquant ainsi une chute mortelle. Seule désormais, elle plie devant les lois de l'adolescence et du lycée, et accepte de devenir amie avec les filles populaires. Mais au lieu de la gloire attendue, c'est à une amitié polie, masquant un mélange d'admiration et de jalousie, de la part de ses amies, et à un concours consistant à mettre fin à la virginité de la belle demoiselle pour ses admirateurs masculins.

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Cette fameuse histoire d'adolescent se mêle étroitement au genre du slasher. Certainement une bonne idée pour Jonatthan Levine qui réalise ce petit chef d'oeuvre. Car les codes du slasher permettent à ce charmant petit film d'évoquer en toute simplicité à travers diverses situations les affres et épreuves de l'adolescence.

Car le réalisateur réalise tout les clichés du genre. A commencer par ses personnages, le beau garçon qui se la joue séducteur, la belle blonde complètement complexé par son physique, le fumeur de joins qui aime s'amuser et ne se préoccupe de rien, la petite ronde complètement folle du beau gosse et le black serviable et gentil. Loin d'utiliser les dialogues pour nous expliquer combien chacun est complexe, il propose une suite de situation tantôt joyeuse, tantôt tendue, tantôt angoissante et terrifiante qui nous dévoile la complexité de chacun. Le beau garçon qui ne parvient à séduire Mandy, se sent blessé dans son égo, qui se résume qu'à son charme et au nombre de charmées. La belle blonde obsédée par son physique se sent minable face à ses amies, entre Mandy incroyablement belle, et son amie moche qui a réussit à mettre la main sur le beau garçon. Le fumeur de joins qui a besoin de s'entourer de monde, s'amuser pour oublier sa solitude. Et la petite ronde qui prête à tout pour garder son petit ami et son statut supporte la compagnie d'une fille qu'elle déteste. L'adorable et gentil garçon qui se fait sans cesse abuser par ses propres amis.

Parce que ce film aux apparences d'un banal slasher, d'une banale histoire d'adolescent qui se font trucidé dans une maison isolée de tout, ne se contente pas de nous montrer chacun de ces jeunes gens se faire atrocement tués, car nous souffrons à chaque fois que l'un d'eux meurt, comprenant alors qu'ils ne sont pas juste ce qu'ils donne l'impression d'être. Evoquant en tout franchise les problèmes de l'adolescence, Tous les garçons aiment Mandy Lane est un film étonnant. Ses personnages sont attachants, touchants à leur manière. Parce que le réalisateur les aiment, il parvient à traduire leur émoi sans les rendre ridicule ou grotesque. La mise en scène est très douce envers les personnages. Le but n'est pas de permettre au spectateur de s'identifier aux héros pour nous terroriser, mais de montrer toute les difficultés de cette époque de nos vie si cruelle. Chaque situation confrontant un des jeunes à Mandy Lane dévoile sa véritable personnalité, ce qu'il tente de dissimulé aux yeux de tous. En effet, que ce soit sa gentillesse, sa beauté subjuguante ou son incroyable talent pour découvrir les petits secrets de chacun, Mandy Lane parvint à faire tomber les masques.

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Le côté sombre de cette époque troublante parfaitement exploité par les codes du slasher par le réalisateur permet à ce film d'être autre chose qu'un banal slasher. Mais tout le génie du réalisateur ne s'arrête pas à là. Par l'image qu'il renvoie de Mandy Lane, par la manière de filmer ses personnages, on sent une note de nostalgie. Comme une image un peu ternie, ayant gagné en douceur par l'effet du temps. Alors que l'introduction est brutale, l'image flottante de la perfection et de la douceur de l'héroïne vient tout balayer, effaçant les erreurs, l'horreur pour donner à l'image du meilleur ami jaloux au point de pousser son camarade à se donner la mort celle d'un jeune homme maladroit, ou encore au tueur celle d'un prétendant prêt à tout pour prouver son amour. Une image plus douce d'une époque révolue pour le réalisateur, mais cette douceur cède rapidement place à une acidité qui se renforce jusqu'à ronger cette image pour la détruire.

Esthétiquement parlant, Tous les garçons aiment Mandy Lane est un bel hommage aux films d'horreur des années 80. Entre l'atmosphère lourde et pastorale de Vendredi 13, les intérieurs feutrés et colorés des Griffes de la Nuit, et d'une bande horrifique salie, un grain assez présent, des sauts d'images et flash nous fait penser aux grands du genre. L'image tout comme la manière de traiter l'histoire rend ce premier long métrage passionnant. Une chose est sûre, il faut suivre ce cinéaste plein de promesse.

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