xtroisvisagesdelapeurpw7LES TROIS VISAGE DE LA PEUR
EPOUVANTE
Réalisateur: Mario Bava
Interprètes: Boris Karloff, Michèle Mercier, Jacqueline Pierreux
Italie 1963
99 min

Synopsis: Une conférencière télépathe est sauvagement assassinée. Peu avant sa mort, elle avait ressentie une présence meurtrière très proche. C'est le début d'une série de crimes inexpliquables.

Trois contes gothiques pour se donner de petits frissons avant de dormir. Le système de film dit à sketches séduit par l'aspect court de la chose, on a l'impression de plonger dans l'univers des nouvelles fantastiques avec succès, on retrouve trois thèmes bien abordé dans les nouvelles: l'intrigue policière avec un twist final, l'histoire de vampires qui pour ma part m'a rappelé bien des films de zombie dans son fonctionnement, et pour finir une histoire de fantômes. Si l'aspect graphique, toujours sublime chez Bava, est très présent presque trop, c'est peut-être le surjeu des acteurs qui m'a le plus gêné. Certains contes mettent du temps à se mettre en place. Et je dirais que le côté déjà vu pénalise le film. L'aspect court de chaque sketches ne nous permet pas de nous attacher aux personnages qui sont parfois un peu trop bariolé. En revanche les fins marchent superbement bien, et l'aspect sonore loin d'être négligé est bien exploité. Boris Karloff assure dans son rôle, à la fois touchant, drôle et inquiétant. C'est plus les trois actrices jouant les héroïnes qui ont un jeu très proche du cinéma muet, et du coup ça nous détache un peu à chaque fois, au lieu de trembler pour elles on se dit qu'elles surjouent, dommage. Néanmoins bonne ambiance, bon petit film à se regarder avant de dormir par une nuit orageuse.

Le Téléphone, le premier des trois segement, fonctionne pas mal. Véritable triller, il repose sur une base assez simple: une femme seule, un téléphone et une menace de mort. Bava maîtrise à la perfection la distillation de l'angoisse. Il use de tous les élements cinématographique, la lumière qui joue un rôle toujours très importants dans ses films, le son qui pend part au jeu, surtout à travers le téléphone, la sonnerie devenant un véritable compte à rebours, et l'apparition d'autres personnages qui arrivent exactement à l'instant qu'il faut. Evidemment, ce seguement fonctionne sur une trame très classique, et les costumes un peu trop gothique nous coupe un peu de la réalité pourtant tragique.

Les Wurdalaks quand à lui, évoque assez simplement les légendes d'Europe de l'Est sur les vampires. A notre époque où les vampires se baladent tout brillant au soleil, on est heureux de constater que les vampires sont ici bel et bien effrayant, de véritables monstres. Malheureusement ce deuxième seguement souffre d'un casting mal fait, les acteurs surjouent tellement qu'il est difficile d'y croire, et plus encore de ne pas rire. Pourtant la mise en scène rappelle beaucoup le Masque du Démon avec l'utilisation des décorts de nature, de ruines, de nuits sombres, dans une atmosphère très romantique, les amateurs de littérature fantastique du 19e siècle y retrouveront l'atmosphère qu'on trouve dans les romans et nouvelle de l'époque, mais voilà le jeu des acteurs pénalise tout et rend ce seguement difficilement crédible. Dommage, néanmoins ça fait plaisir d'y retrouver Boris Karloff.

La goutte d'eau est le seguement qui plait le plus, du moins c'est ce que j'en ai déduit en parlant du film autour de moi. Personnellement j'ai trouvé le fantôme très effrayant, en fait, la morte l'était bien avant de se lever et de chercher à punir la fautive. Sans aller plus loin dans le spoiler, et oui je m'arrête à là, on accroche surtout par le son. La terreur étant distillé essentiellement par la simple répétition du bruit d'une goutte d'eau tombant sur une surface métallique. L'histoire est assez simple, une infirmière vole la bague d'une de ses patientes mortes mais elle va devoir en payer le prix. A partir de là, c'est la magie de Bava qui opère. La lumière laisse place ici aux couleurs, et au son, et c'est sans doute le plus étonnant parce que lorsqu'on parle de Bava on songe beaucoup à l'importance de l'image mais peu souvent au son, hors ici il nous prouve qu'il maîtrise tout aussi bien le son. Celui là est sans doute mon préféré, la fin étant assez redoutable.